17ème congrès international de l'ARIC17-21 juin 2019, Genève

Présentation du congrès

Migrations, relations interculturelles et rapports de pouvoir

Dans le contexte d’une dramatisation socio-politique des phénomènes de mobilité, les migrations sont présentées comme autant de déclencheurs de crises sociétales, engendrant une exacerbation des tensions entre les insiders (les « établi.e.s ») et les  outsiders (les groupes et individus nouvellement arrivés). Pourtant les réalités sont souvent beaucoup plus nuancées que cette dramatisation ne le laisse entrevoir. C’est que, au-delà de de la question des inégalités sociales et de la répartition de ressources, les discours et les pratiques envers les populations issues de la migration contribuent à mettre en place des formes de pouvoir qui créent un climat favorable aux interactions entre populations et participent de la construction d’un espace commun parfois visibles dans différents univers d’expressions artistiques partagés ou, au contraire, entravent les interactions, la cohabitation, l’intégration mutuelle.

Si les enjeux sont clairement perceptibles dans l’action socio-sanitaire, ils le sont déjà dans la manière dont sont choisis les termes pour définir les rapports entre groupes, pour caractériser les groupes eux-mêmes ou encore les expériences souvent traumatisantes des migrant.e.s. Ils le sont également dans la manière dont le droit évolue à l’égard des migrant.e.s et dans les réponses qu’une partie de la société civile qui se mobilise peut apporter à ce qu’elle perçoit comme un dangereux rétrécissement du droit des personnes nouvellement migrantes. Les enjeux de pouvoir seront également débattus à partir des mécanismes « d’altérisation » observables entre les sexes, les générations, les groupes au détour des processus plus psychologiques d’accumulation de ressentiments qui peuvent entretenir des conflits débouchant sur des formes de violence se surajoutant à celle qu’a pu engendrer la migration elle-même. Pour faire face à ces mécanismes et aux diverses formes de violence qu’ils engendrent, l’intervention professionnelle peut se nourrir tant de la clinique, que des recherches en sciences sociales et humaines.

Les défis pour la formation et l’éducation sont donc à la hauteur de la multiplicité des écueils qui se présentent et le congrès visera, en cherchant à instituer un dialogue entre chercheur.euse.s, intervenant.e.s socio-sanitaires et artistes, à clarifier autant qu’à confronter diverses positions face à ces nombreuses thématiques liées à ces enjeux particuliers du pouvoir.

Contact
Haute école de travail social
HES-SO Genève
28, rue Prévost-Martin
1211 Genève

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